Césarité versus césaritude

La Césarité réside dans la démonstration d’un pouvoir économique, politique et symbolique. Celui ou celle qui fait montre de Césarité assume publiquement et pleinement une position économique et sociale dominante. La démonstration de son pouvoir transparaît spatialement dans les monuments prestigieux et plus discrètement, mais de manière plus intime et concrète dans le quotidien de la plèbe, par l’organisation de l’espace selon une logique politique et économique (sécurisation de l’espace; fabrication de besoins). Sous couvert d’augmenter le confort de tous et sans compter sur les effets de gentrification, le développement des réseaux (caractéristique de la Césarité) consiste pour les dominants à penser, organiser et produire des services mis à la disposition des dominés.

La Césaritude réside dans l’illusion d’exercer un pouvoir économique, politique ou symbolique. Celui ou celle qui adopte la Césaritude donne publiquement une opinion, en général tranchée, sur des sujets ayant trait à la consommation, à la vie publique et à la création artistique et/ou commerciale. La publication papier ou numérique de son opinion lui donne l’illusion de pouvoir influencer le marché et la politique. Cela flatte son égo. Cette Césaritude est valorisée par le marché économique et politique qui y voit le moyen, non pas de tendre une oreille constructive aux bruits de la rue, mais de capter des informations sur ses cllients, usagers ou électeurs. Le marché met donc à disposition de chacun et chacune, une série d’instruments lui permettant d’exprimer pleinement sa Césaritude. Facebook propose ainsi à tous ses utilisateurs de lever le pouce façon César. Or, la Césaritude comporte un risque d’expression débridée de la haine, de la colère ou de désirs inavouables pouvant mettre en danger le bon fonctionnement du marché (exigence de sécurité). La figure du modérateur ou du médiateur vient donc en complément de la Césaritude. Le Conseil Supérieur de l’Audiovisuel a interdit aux chaînes de télévisions de proposer à leurs téléspectateurs de voter en défaveur des personnages de la téléréalité. Ils sont sommés de lever le pouce plutôt que d’envoyer les gladiateurs à la mort.

Cloé Vallette

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